Gazaouis victimes de la guerre : famine, pénurie d’eau et risques d’épidémies
Date:
22 janvier 2024
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Du fait de la guerre de destruction qu’Israël mène contre eux depuis plus de cent jours, les Palestiniens de la bande de Gaza font face à des conditions de vie extrêmement dures. Ceux d’entre eux qui échappent à la mort infligée par l’armée d’occupation et par sa machine de guerre font face à d’autres dangers, comme la famine, la pénurie d’eau et les risques d’épidémie.

Le calvaire de la faim et un risque de famine en hausse constante

Le 20 décembre 2023, l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme affirmait que 71 % des Palestiniens de la bande de Gaza souffrent d’une faim extrême. Selon les résultats d’une analyse conduite par l’observatoire sur un échantillon de 1.200 personnes, 98 % des participants ont indiqué qu’ils n’avaient pas accès à une quantité suffisante de nourriture, tandis que 64 % d’entre eux avouaient devoir parfois se contenter, pour combler leur faim, d’herbes ou bien de denrées impropres à la consommation ou périmées[1]. Le 15 de ce mois, les agences des Nations unies ont mis en garde contre un risque de famine toujours présent, nécessitant un changement radical dans l’acheminement des aides humanitaires vers la bande de Gaza. Bien que les Nations unies, les agences de coopération internationale et les organisations non gouvernementales aient pu jusqu’à maintenant faire parvenir des quantités limitées d’aide humanitaire à Gaza, elles indiquent que celles-ci sont « tout à fait insuffisantes pour faire face à la faim, la malnutrition et la maladie », et que « la pénurie de nourriture, d’eau potable et de fournitures médicales a atteint un point critique, particulièrement dans le nord de la bande ». Un rapport publié par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) mentionne des niveaux catastrophiques d'insécurité alimentaire, assurant que l’ensemble des Gazaouis « n’ont pas accès à des repas tous les jours, tandis que beaucoup d’adultes doivent endurer la faim pour permettre aux enfants de se nourrir ». L’Unicef prévoit, pour les semaines à venir, une augmentation d'environ 30 % du taux de dénutrition, parmi les enfants, par rapport à la situation qui existait avant la guerre, précisant que cette forme aiguë de malnutrition est « la plus dangereuse pour la survie des enfants, et devrait impacter près de 10.000 d’entre eux ».

Cindy McCain, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, arrive à la conclusion que « les habitants de Gaza sont exposés à un risque de famine alors même que certains d’entre eux se trouve seulement à quelques kilomètres des camions remplis de nourriture. Chaque heure perdue met en danger la vie d'innombrables personnes. Il nous serait tout à fait possible d’écarter ce risque de famine, mais seulement à condition de faire entrer des quantités suffisantes de nourriture et de garantir ensuite qu’elles pourront parvenir à tous ceux qui en ont besoin, où qu'ils soient ». De son côté, Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) indique que « l’acheminement des aides est actuellement à un niveau dérisoire en comparaison de l’océan des besoins humanitaires ». Selon lui, ces aides humanitaires « ne seront pas suffisantes pour faire cesser l’aggravation de la faim au sein de la population ». Les responsables des agences des Nations unies mettent ainsi en avant « la nécessité impérieuse de lever les contraintes et les obstacles imposés à l’acheminement des aides jusqu’à Gaza, puis leur transport à l’intérieur de la bande, ainsi que la reprise de l’activité commerciale ». Il réitère l’appel à « un cessez-le-feu pour raison humanitaire, condition pour pouvoir déployer une vaste campagne conduite par une multiplicité d’agences, campagne dont l’importance est qualifiée de vitale »[2].

À Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, les habitants manquent cruellement de nourriture, sachant que l’immense majorité des familles se contente actuellement d’un seul repas par jour, constitué de conserves ou quelquefois d’une maigre quantité de pain, comme le rapporte le journaliste palestinien Ons Baba. Les souffrances occasionnées par la faim poussent certains habitants à prendre d’assaut les camions qui transportent les caisses d’aide humanitaire afin d’en piller le contenu. L’UNRWA avait publié, à la fin du mois d’octobre dernier, un communiqué dans lequel elle annonçait que « des milliers de personnes avaient envahi des dépôts et des centres de distribution dans le centre et le sud de la bande de Gaza » et que « des Gazaouis tenaillés par la faim s’étaient emparés de farine et d’autres biens de première nécessité afin de rester en vie » ,ajoutant qu’elle y voyait « un signe inquiétant que l’organisation civile est en train de s'effondrer, au bout de trois semaines de guerre et de blocus absolu ».[3]

La pénurie d’eau et l’effondrement des services d’évacuation des eaux usées

Le blocus par Israël de la bande de Gaza a conduit à des ruptures catastrophiques dans l’acheminement de l'eau, de l'électricité et du combustible. Ainsi, les centrales d’épuration d’eau et les équipements dédiés au traitement des eaux usées et à la désalinisation de l’eau ont dû être fermés vers la mi-octobre, notamment en raison de l’absence de combustible et d’électricité. Ces équipements sont désormais presque inutilisables selon l'Autorité palestinienne de l’eau.

La pénurie d’eau purifiée a conduit les experts en santé publique à exprimer leur « profonde inquiétude » quant au risque de propagation des maladies contagieuses, en particulier celles qui sont transmises par l’eau comme le choléra ou la typhoïde. « Les enfants de la bande de Gaza sont privés de 90 % de leurs besoins en eau », mettait en garde l’Unicef dans un rapport rendu public le 19 décembre dernier, remarquant que « les enfants qui ont récemment migré vers le sud ne disposent pour survivre que de 1,5 ou 2 litres d’eau par jour, une quantité largement inférieure aux recommandations relatives au minimum vital », lesquelles préconisent que « la quantité d’eau nécessaire en situation d’urgence pour boire, laver et cuisiner s’élève à 15 litres par personne et par jour ; quant à la quantité nécessaire pour survivre, elle est de 3 litres par jour minimum. »

Avec l’arrivée dans la ville de Rafah de centaines de milliers de réfugiés, comptant pour moitié des enfants, et avec une demande en hausse continue, « les dispositifs de fourniture d’eau et les systèmes d’égouts de la ville sont désormais dans un état critique ». Cela tient notamment à « l’absence de fourniture d’énergie, la pénurie de combustible, les obstacles qui entravent l’arrivée d’aide humanitaire ainsi que les dégâts infligés à l'infrastructure, avec des dommages et destructions qui touchent plus de 50 % de la fourniture en eau potable et du système d’égouts. » Selon Catherine Russell, directrice exécutive de l’Unicef : « Disposer d’eau purifiée en quantité suffisante est une affaire de vie ou de mort, or les enfants de Gaza arrivent à peine à se procurer le minimum d’eau potable, de sorte qu’eux et leurs familles sont obligés de se tourner vers de l'eau qui émane de sources souillées, ou bien qui est trop salée ou trop polluée. Sans eau purifiée, beaucoup de ces enfants vont mourir dans les jours à venir sous l’effet de la soif et de la maladie. » Par ailleurs, dans les camps de réfugiés, de longues files de femmes et d’enfants épuisés se forment pour utiliser les toilettes publiques, lesquelles sont en nombre très insuffisant puisqu’on en compte environ 1 pour 700 personnes. Cela pousse les gens à utiliser des seaux ou bien à se soulager dans les terrains vagues, sans compter qu’il y a encore moins d’endroits où l’on peut se doucher. Cette situation « réduit presque à néant les options disponibles pour rester propre, et affecte particulièrement les femmes et les jeunes filles, ce qui contribue à propager les maladies ». Le rapport précise que « depuis le début de la guerre, l’Unicef, avec l’aide de ses partenaires, a fait parvenir des bouteilles d’eau à plus d’1,3 million de personnes », et « a fourni plus de 130.000 kits de propreté destinés aux familles, incluant des articles de santé et d’hygiène mensuelles ». Par ailleurs, l’organisation a réussi, durant la trêve humanitaire, à atteindre le nord de la bande de Gaza malgré des conditions d'accès rendues extrêmement difficiles, afin d’y « distribuer 260.000 litres d’eau et 10.000 kits d’hygiène ».[4]

Le risque de propagation des maladies et des épidémies

La pénurie d’eau et la pollution empêchent de prodiguer les soins de santé, ce qui a provoqué une explosion des maladies et a créé les conditions d’une crise de santé publique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que « les systèmes d’eau et d’égouts sont endommagés et que la raréfaction des articles d’hygiène a rendu presque impossible les mesures de prévention de base ordinairement destinées à prévenir les contaminations et à lutter contre elles ».

La consommation d'eau polluée a conduit à une augmentation significative du risque de contamination bactérienne, facteur de diarrhée, et cela particulièrement chez les enfants âgés de moins de 5 ans, ainsi qu’à un net accroissement des cas de déshydratation. On ne compte plus les cas de gastro-entérite »[5]. Un autre facteur de propagation des maladies et des épidémies est le nombre de cadavres qui gisent toujours sous les ruines dans les zones de guerre, où ils ont été abandonnés depuis de longues semaines après que les habitants ont dû fuir dans la précipitation.

Ces risques sont également accrus par l’accumulation des déchets devant les hôpitaux et les centres d’accueil des réfugiés, comme l’avait déclaré le 19 décembre dernier Yahya al-Sarraj, le maire de Gaza. Il estimait « le volume de déchets accumulés dans ces lieux à 70.000 tonnes », ajoutant que « la poursuite de l'agression et la crise causée par la pénurie totale de combustible font qu’il devient extrêmement périlleux de continuer à fournir aux citoyens les services de base ». Dans des communiqués de presse antérieurs, al-Sarraj mentionnait déjà que l'armée d'occupation avait « détruit, via des frappes ciblées et délibérées, la plupart des machines lourdes et semi-lourdes utilisées par les services de la municipalité, cela à un moment où ceux-ci manquent déjà gravement de telles machines. ». Il ajoutait que la situation dans la bande de Gaza, et en particulier à Gaza-ville, était « extrêmement éprouvante », appelant à « faire entrer davantage de combustible et de machines spécialisées dans le déblaiement des décombres, le dégagement des axes de circulation et la fourniture de services d’eau et d’égouts ».

D’autre part, les experts s’attendent à ce que les décès augmentent en raison de la pollution du sol et de l’atmosphère, de l’accroissement aigu des émissions de dioxyde de carbone, lesquelles sont dues à l'usage intensif des obus, des bombes, des fusées et des munitions, à la forte consommation d'énergie imputable aux unités de l'armée d'occupation, qu’elles soient terrestres, maritimes ou aériennes, et enfin aux incendies causés par les combats[6].

L’OMS avait exprimé son extrême inquiétude face à l’accroissement du risque de propagation des épidémies et des maladies contagieuses dans la bande de Gaza. Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, écrivait ainsi dans un post publié le 15 décembre dernier sur le site « X » : « La poursuite à Gaza d’un exode d’une telle ampleur en direction du sud de la bande et la situation de la population, avec certaines familles qui se voient contraintes de fuir plus d’une fois et d’autres qui tentent d’utiliser des équipements de santé déjà débordés, nous inspire à moi et à mes collègues de l'OMS, une inquiétude extrême face au risque accru de propagation des maladies contagieuses ». Il indiquait ainsi que « près de 180.000 personnes souffrent d’affections des voies respiratoires et qu’on déplore 1.364.000 cas de diarrhée, dont la moitié chez des enfants de moins de 5 ans, ainsi que 554.000 cas de gale, 5.330 cas de variole, 427.000 cas d’éruption cutanée, ainsi que 4.683 cas de jaunisse aiguë.[7]

Dans une enquête publiée par le Washington Post en date du 17 décembre dernier, Tahani Abou Tueima, réfugiée à l’hôpital Nasser de Khan Younès avec les autres membres de sa famille qui ont survécu, déclare : « Nous ne sommes plus que des cadavres vivants. » Tahani, qui souffrait déjà d'un cancer de la thyroïde, a été frappée par un dangereux virus du système respiratoire, quand sa fille âgée de 2 ans souffre pour sa part de diarrhées, de vomissements, d’éternuements et de tremblements en raison du froid et de la malnutrition. L’enquête mentionne que les Nations unies ont recensé dans la bande de Gaza quatorze maladies qui recèlent un potentiel épidémique, parmi lesquelles la varicelle, l’éruption cutanée, les infections des voies urinaires, la méningite, les oreillons, la gale, l’hépatite et l’intoxication alimentaire, et a fait part de l’inquiétude particulière suscitée auprès de l’OMS par la propagation de la diarrhée contagieuse, de la jaunisse et des affections des voies respiratoires.

En ce qui concerne les aides internationales fournies aux habitants de la bande, l'enquête s’appuie sur le témoignage de Tania al-Haj Hassan, qui a travaillé à Gaza auprès de Médecins sans frontières, et qui estime que ces aides sont de simples « calmants ». Elle assure que pour combattre efficacement les maladies contagieuses, « il faudrait que l’organisation puisse se rendre dans les hôpitaux de Gaza sans craindre pour sa sécurité, sans s’exposer à des menaces de bombardement ou de siège, et sans subir les pénuries qui frappent le combustible nécessaire au fonctionnement des équipements, l’eau ou les médicaments de base. »[8]

De son côté, Alexandre Fort, coordinateur logistique de Médecins sans frontières dans la bande de Gaza, met en garde, dans un entretien avec la chaîne TV5 Monde, contre les risques de ce qu’il appelle la « bombe épidémique à retardement » qui menace d’exploser dans la bande de Gaza. Il estime que « la plupart des risques liés aux maladies transmises par les eaux et par les dommages infligés au système d'égouts et de fourniture d’eau potable, étaient déjà présents depuis le début de la guerre, mais qu’ils sont aujourd’hui multipliés par 10 ». C’est particulièrement le cas depuis que « les structures encore debout, notamment les stations d'épuration d’eau et de traitement des eaux usées, ont été mises hors service » à la suite des explosions et du manque de combustible. « Sans compter, poursuit-il, que les risques ont été encore accrus par la hausse exponentielle de la démographie depuis que la bande de Gaza a accueilli, en particulier à Rafah et à Khan Younès, près de 1,9 millions de réfugiés sur une population totale de 2,2 millions d’habitants – cela sans que les ressources disponibles, déjà très limitées, augmentent en conséquence… Un tel brassage augmente les besoins ainsi que les risques de maladie ».

Il attire notamment l’attention sur les épidémies qui naissent de « la baisse des températures, des chutes de pluie, du nombre de personnes qui dorment à l’extérieur, ce qui les expose à un risque accru d’infections aiguës des voies respiratoires, telles que les bronchites ». Il estime que cette surdensité dans le sud du territoire représente une « bombe épidémique à retardement », dont on ne peut arracher la mèche qu’ « en imposant un cessez-le-feu immédiat, en mettant fin aux bombardements aveugles et aux opérations terrestres qui provoquent l’exode des habitants et portent la pression démographique dans le sud du territoire à des niveaux insoutenables », et aussi en permettant à l’aide humanitaire d’arriver et en levant le blocus imposé par Israël sur les marchandises entrant dans la bande de Gaza, car « dans les circonstances actuelles si une épidémie venait à se déclarer, aucune autorité n’aurait la capacité opérationnelle d’y répondre ; si l’on prend l’exemple du choléra, sa prise en charge nécessite de traiter au chlore toutes les eaux ainsi que le corps humain, or il se trouve que ce produit est interdit à l’importation à Gaza, ainsi que tout ce qui est indispensable pour produire de l’énergie, comme les générateurs électriques et les plaques photoélectriques. »[9]

Conclusion

Les conditions de vie extrêmement cruelles auxquelles est confrontée la population de la bande de Gaza à la suite du génocide multiforme perpétré par l’armée d’occupation israélienne, imposent à l’Organisation des Nations unies et à ses agences spécialisées comme le Programme alimentaire mondial, l’Unicef, l’OMS et l’UNRWA de mettre en place des programmes d'urgence pour sauver les habitants. C’est le seul espoir pour que ceux d'entre eux qui auraient échappé à la machine de guerre israélienne puissent accéder à l'aide internationale et rester en vie. Or, les contraintes qu'impose le gouvernement de guerre israélien ont rendu ces aides insuffisantes à satisfaire les besoins essentiels de la population de la bande, ce qui a amené les Nations unies et ses agences à exiger qu’on ouvre de nouveaux corridors d’acheminement, qu’on laisse entrer chaque jour un plus grand nombre de camions aux frontières, qu’on allège les contraintes qui limitent les mouvement de ceux qui œuvrent dans l’action humanitaire, enfin qu’on garantisse la sécurité des bénéficiaire des aides et des personnels qui procèdent à leur distribution.[10]

Traduit de l'arabe par Khaled Osman

 

[1] https://www.jeune-independant.net/des-milliers-de-cadavres-abandonnes-sous-les-decombres-le-risque-des-epidemies-plane-sur-gaza/

[2] https://www.unicef.fr/article/a-gaza-pour-empecher-la-famine-et-les-epidemies-mortelles-un-acces-a-laide-accelere-et-securise-et-la-multiplication-des-voies-dapprovisionnement-sont-necessaires/

[3] https://www.francetvinfo.fr/monde/palestine/gaza/guerre-israel-hamas-on-se-rapproche-de-la-famine-a-gaza-alerte-l-onu_6302784.html;

https://www.lefigaro.fr/international/frappes-penuries-risque-d-epidemie-a-gaza-le-calvaire-des-civils-20231029

[4] https://www.unicef.org/fr/communiques-de-presse/gaza-les-enfants-sont-prives-de-90%25-de-leurs-besoins-en-eau

[5] https://www.hrw.org/fr/news/2023/11/16/gaza-les-coupures-deau-par-israel-provoquent-une-crise-de-sante-publique

[6] https://petra.gov.jo/Include/InnerPage.jsp?ID=268907&lang=ar&name=news&cat=news;

https://www.ouest-france.fr/monde/gaza/gaza-la-guerre-va-durablement-mettre-a-mal-lenvironnement-0da3b4c2-7c7a-11ee-bc47-f405893c2140

[7] https://www.jeune-independant.net/des-milliers-de-cadavres-abandonnes-sous-les-decombres-le-risque-des-epidemies-plane-sur-gaza/

[8] https://www.courrierinternational.com/article/guerre-israel-hamas-gaza-desormais-sous-la-menace-des-epidemies

[9] https://information.tv5monde.com/international/gaza-la-menace-dune-bombe-retardement-epidemiologique-2686328

[10] https://www.who.int/fr/news/item/15-01-2024-preventing-famine-and-deadly-disease-outbreak-in-gaza-requires-faster--safer-aid-access-and-more-supply-routes

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