Voici le témoignage de ‘Abla Ahmad Cheikh Hassan, recueilli, le 18 janvier 1984, à Beyrouth-Ouest, dans le quartier de Fakahani, par Jean-Pierre Filiu. ‘Abla est née à Haïfa, elle a cinquante-deux ans. Elle est réfugiée au Liban, à Saïda, depuis 1948. C’est à ce titre qu’elle est inscrite comme réfugiée palestinienne auprès de l’UNRWA. D’ailleurs elle travaille comme enseignante dans un établissement de l’UNRWA, ce qui explique la « modération » toute relative dont les Israéliens font preuve à son égard. Le mari de ‘Abla a quitté le Liban et est recherché activement par les Israéliens, probablement à cause de son engagement dans l’OLP, mais ‘Abla préfère garder le silence sur ce sujet. Elle a quatre enfants : trois garçons (14, 12 et 8 ans) et une fille (10 ans); le benjamin est un handicapé mental.
Le témoignage de ‘Abla est exemplaire à bien des égards. Il décrit bien la répression systématique dont a été victime, de la part de l’armée israélienne, la population civile palestinienne du Sud-Liban, après juin 1982. Cette répression n’a épargné ni les femmes, ni le personnel de l’UNRWA et s’est poursuivie malgré l’échange de prisonniers, entre Israël et l’OLP, le 22 novembre 1983. De plus l’itinéraire mouvementé de ‘Abla, son expérience des différents centres de détention et d’interrogatoire, en Israël même ou au Liban, en disent long sur l’infrastructure répressive mise en place à la faveur de la guerre du Liban.
‘Abla Cheikh Hassan, palestinienne au Liban
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