Les besoins d'un pays à construire
Abstract: 

“La <i>Revue d’études palestinienne</i> publie la transcription de l’intervention de Nabil Shaath, ministre de l’Autorité nationale palestinienne et chef de la délégation palestinienne, à la clôture de la réunion du Groupe consultatif pour la Cisjordanie et Gaza, tenue à Paris du 18 au 19 octobre 1995.<br>Cette réunion s’inscrit dans le cadre des projets d’aide et d’investissement en direction de l’Autorité nationale palestinienne naissante, inaugurés le 1er octobre 1993 à Washington, dans la foulée de la signature des accords de paix. Une réunion regroupant 45 pays eut lieu le 1er octobre 1993 au siège de la Banque mondiale à Washington. Elle prit la décision de débloquer 2,4 milliards de dollars pour le développement de la Cisjordanie et de Gaza, créant à cette fin un Comité de liaison ad hoc (CLAH), présidé par la Norvège, le secrétariat étant assuré par la Banque mondiale. Elle fonda également le Pecdar, agence chargée de la mise en œuvre pratique du programme d’investissement du CLAH. Elle institua enfin une procédure en trois étapes pour le déblocage des fonds.<br>Depuis sa fondation, ce groupe des Etats bailleurs de fonds organise deux types de réunions : 1) les rencontres stratégiques, auxquelles assistent les représentants politiques des Etats membres ; ce sont les réunions du comité ad hoc ; 2) les réunions plus techniques du groupe consultatif. L’extrait que la REP publie est tiré de la dernière de ces rencontres.<br>Il faut ajouter enfin que la quasi-totalité de ces rencontres se sont tenues à ce jour à Paris, au siège parisien de la Banque mondiale ou au ministère des Finances à Bercy ; et qu’elles ont été le terrain de deux types de tensions. Elles sont en effet devenues le lieu de la bataille d’influence que se livrent Américains et Européens. Mais pas seulement, puisqu’une tentative de mainmise totale et directe sur la gestion financière de l’Autorité nationale palestinienne elle-même, oppose Américains et Palestiniens. Les premiers, en décidant de fonder le Pecdar, espéraient créer un outil de gestion, et trouver un interlocuteur directement dépendant d’eux au détriment des ministères palestiniens. On comprendra ainsi pourquoi, à la fin de son intervention, Shaath demande avec insistance que l’on traite directement avec l’Autorité. Enfin, et pour conclure cette introduction, il faut noter que l’Union européenne est en tête des donateurs pour la Palestine – avec 600 millions d’Ecus –, suivie par les Etats-Unis (500 millions de dollars), le Japon (200 millions), l’Arabie Saoudite (100 millions).”

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